Guinée Forestière : 2046 armes et munitions collectées, enregistrées et stockées

De janvier à juillet 2017, le projet CEDEAO-UE sur les armes légères en Guinée a permis de collecter, d’enregistrer et de stocker 2046 armes et munitions dans la région de la Guinée-Forestière. C’est du moins le résultat partiel de ce projet lancé en novembre 2015 en Guinée, et qui pourrait se poursuivre jusqu’à mi-2018.

Selon le Coordinateur du projet, monsieur Saikou Sow, ces armes ont été volontairement remises par les détenteurs contre des micros projets de développement communautaire. «On cherche les armes illégales, mais celui qui a son permis de port d’arme, peut librement rendre son arme s’il le veut. La personne peut le faire si elle réalise que la détention de cette arme représente un danger pour elle », a indiqué Saikou Sow.

Mais le projet ne se réalise pas sans difficulté. En raison des tensions communautaires dans la région, certains citoyens dans la région sont réticents à rendre leurs armes. Il y a aussi des détenteurs d’armes qui, au lieu des projets communautaires, posent comme condition le paiement d’une somme d’argent. Face à ces cas de réticence, c’est la sensibilisation sans relâche qui est recommandée.

Déjà, quelque 7324 personnes ont été touchées à travers des causeries éducatives et des portes à portes organisées par les points focaux du projet dans les sept préfectures de la région. Aussi, selon toujours Saikou Sow, 402 personnes ont été directement touchées à travers des sessions de dialogues communautaires organisées par l’équipe du projet dans les préfectures de la zone — N’Zérékoré, Lola, Yomou, Beyla, Macenta, Guéckedou et Kissidougou. Autres résultats : 193 personnes ont été formées sur les thèmes de consolidation de la paix, collecte et transport des armes et violences basées sur le genre ; trois bataillons d’infanterie ( Guéckedou, Macenta et Beyla ) et la portion centrale de la 4ème région militaire de N’Zérékoré ont été dotés de conteneurs sécurisés de stockages d’armes…

Ces résultats présentés mercredi, au cours de la deuxième réunion technique du Comité technique du projet, ont été félicités par tous. Le général Bambo Fofana, président de la Commission nationale de lutte contre la prolifération et la circulation illicite des armes légères et de petit calibre (COMNAT-ALPC), s’est félicité de ces résultats. Il s’est aussi félicité des recommandations formulées lors de la réunion du comité technique pour une meilleure suite du projet.

L’Ambassadrice de la CEDEAO en Guinée, Liliane Alapini s’est également félicitée de ses premiers résultats. Elle a réitéré le soutien de l’organisation intergouvernementale ouest-africaine à ce projet « CEDEAO-UE sur les armes légères » qui touche également les trois autres pays de la Mano-river Union, deux pays du sahel (Mali et Niger) et le Nigéria.

Comme l’Ambassadrice de la CEDEAO, les autres partenaires techniques et financiers, notamment l’Union européenne, le PNUD, l’Ambassade d’Allemagne, celle du Japon… ont exprimé leur satisfaction quant à la mise en œuvre de ce projet qui vise à minimiser la circulation du nombre d’armes en circulation. Pour Lionel Laurens, directeur pays du PNUD, si on doit se féliciter de la mise en œuvre de ce projet en Guinée forestière, c’est parce que « partout où règne la prolifération des armes légères, il est très difficile de démarrer le développement durable ».

Le projet CEDEAO-UE sur les armes légères vient lutter contre la prolifération et la circulation illicite des armes légères, une des conséquences des décennies de conflits armés dans la sous-région ouest-africaine. La Guinée n’a pas connu des guerres civiles comme ses voisins la Sierra Leone, le Libéria et la Côte d’Ivoire. Mais ces guerres dans les pays limitrophes couplées à l’incursion rebelle de 2001 et aux conflits électoraux ont favorisé entre autres, la circulation illicite des armes légères et les grands trafics. C’est surtout la région forestière, au sud du pays, qui a été touché par le phénomène. Mais à la réunion du Comité technique, des participants ont sollicité que le projet, après sa phase pilote, soit élargi aux autres régions du pays.

Lors de la cérémonie de lancement, le Secrétaire général du ministère de la Défense Nationale, le général de corps d’armées, Aboubacar Sidiki Camara, ‘’Idi Amin’’ a émis le même souhait de voir le projet élargi aux autres régions. La raison invoquée, la recrudescence des groupes armés terroristes au Mali, le passé de la Casamance ( Sénégal)…

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