Washington impose des restrictions de visas à la Guinée

Les Etats-Unis suspendent l’octroi de visas en Guinée. C’est ce qu’a annoncé ce mardi 12 septembre 2017 l’Ambassade américaine à Conakry.

«À partir du 13 septembre, l’Ambassade des Etats-Unis à Conakry (Guinée) va cesser de délivrer des visas B, F, J et M à des officiels du gouvernement guinéen et aux membres de leurs familles, à quelques exceptions près», selon un communiqué publié sur le site de l’Ambassade des Etats-Unis en Guinée.

En justifiant cette décision, Washington accuse la Guinée d’avoir refusé de coopérer dans le rapatriement de ses citoyens en situation irregulière aux Etats-Unis.

«En vertu de l’article 243(d) de l’Immigration and Nationality Act, lorsque demandé par le Secrétaire en charge de la sécurité intérieure en raison du refus d’un pays particulier d’accepter ou de retarder indûment le retour de ses ressortissants, le Secrétaire d’Etat doit ordonner le consulat de suspendre la délivrance de visas jusqu’à ce que le département de la Sécurité intérieure informe le Secrétaire d’Etat que le pays en question a accepté les individus», indique le même communiqué.

Selon AlloConakry, l’ambassadeur de Guinée à Washington Mamady Condé a confirmé avoir reçu une copie de la décision. Mais le diplomate guinéen s’est dit surpris étant donné que sa mission a donné jusqu’ici son aval sur l’ensemble des listes qui lui ont été soumises par la partie américaine.

“Donc on ne comprend pas le motif de cette sanction”, a t-il martelé, en réaffirmant, tout de même, la volonté du gouvernement guinéen à poursuivre le dialogue avec les autorités américaines afin de pallier la crise.

C’est la première fois que les Etats-Unis refusent l’octroi de visas aux citoyens guinéens depuis l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays en 1959. Une situation rendue possible par la politique draconnière de l’administration Trump en matière d’immigration.

Le processus de sanctions a été déclenché le 24 août dernier dans une lettre adressée au département d’État par Elaine Duke, ministre en charge de la sécurité intérieure par intérim. Lors d’une conférence de presse il ya deux semaines, le porte-parole dudit départment, Dave Lapan, avait affirmé que l’administration du président Trump devait imposer des restrictions de visas à la Guinée et aux trois autres pays que sont la Sierra Leone, le Cambodge et l’Erytrée pour avoir “refusé ou retardé” l’expulsion de leurs ressortissants après que les États-Unis ont décidé de les expulser.

La presse américaine rapporte que le ministère de l’intérieur ou DHS avait jusqu’ici identifié la Chine, le Cuba, le Vietnam, le Laos, l’Iran, la Guinée, le Cambodge, l’Érythrée, la Birmanie, le Maroc, le Hong Kong et le Soudan du Sud comme étant des pays “récalcitrants”, qui refusent d’accepter des expulsés des États-Unis. Il n’est pas clair, pour l’instant, pourquoi seulement la Guinée, le Cambodge, l’Érythrée et la Sierra Leone ont été ciblés.

Le département d’Etat a généralement hésité d’imposer des sanctions en matière de visa parce que les pays touchés réagissent souvent par des “mesures de réciprocité” en refusant, à leur tour, d’accorder le visa aux citoyens et fonctionnaires américains. De telles mesures n’ont été imposées que deux fois dans le passé, contre la Guyane et la Gambie.

Maintenant que la menace américaine s’est traduite en sanction réelle, la question que se posent les observateurs est de savoir pourquoi les autorités guinéennes ne prendraient pas les mêmes mesures de réciprocité contre les Etats-Unis.

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